Le pass sanitaire va s’appliquer au Château du Rozier.
Oui, cette mesure est contraignante pour nous comme pour vous, et elle nous pose bien-sûr question. Nous craignons aussi qu’elle divise nos publics, le comble pour un projet comme le nôtre qui cherche à rassembler. Drôle de période. 
Seulement nous ne sommes pas l’OMS, nous sommes un lieu de spectacles qui comme beaucoup d’autres tente de maintenir une activité culturelle sur son territoire malgré la situation et les contraintes.
Alors quoi faire ? Rester fermé ? Le lieu l’est resté trop longtemps, et nous ne voulons pas pénaliser les artistes et les techniciens qui ont déjà été très affectés par cette crise. Surtout, nous pensons au public, qui comme nous souhaite continuer à sortir et voir des spectacles.
Alors, dans cette situation impossible, nous prenons le risque de perdre en fréquentation mais nous faisons le choix de maintenir une partie de nos soirée, pour aller au bout cette saison.
Les dates maintenues sont à jour ici, sur notre site. Il vous faudra donc présenter votre pass sanitaire (test PCR, vaccination à jour ou certificat de rétablissement) pour participer à ces soirées.
Nous espérons vous retrouver toutes et tous très bientôt.
L’équipe du Château du Rozier

  • 26 mars 2016

  • à partir de 20:30

  • 15€

Life is a bathroom and I am a boat

Tarifs :
Tarif plein : 15€
Tarif jeune (moins de 16 ans) : 13€

« Je suis un naufrage grandiose. Dans ma traversée du siècle, j’ai tutoyé les plus grands et flirté avec l’impensable. Né d’une mère montreuse de serpent et d’un père danseur étoile, mon nom est Igor de la Cuesta y Villasalero Bukowski, et voici mon histoire… »

Il a inspiré à Fitzgerald Gatsby le Magnifique, soufflé à l’oreille de Churchill l’idée d’une coalition internationale, offert à Anne Frank son livre d’autographe… Dandy échappé d’une chanson du quatuor post-yéyé La Position du Tireur Couché («élégant, distingué, séduisant, cultivé», il a un faible pour les femmes mariées) Igor de la Cuesta fut de toutes les grandes entreprises artistiques et politiques du XXe siècle. Mais l’Histoire n’a pas retenu son nom, forcée à l’oubli par la rancœur de maris jaloux et l’invraisemblance de son parcours, succession de naufrages dont il fut systématiquement l’un des rares survivants.

C’est du moins ce qu’il raconte, en toute fausse modestie et avec la complicité de Boris, son fidèle claviériste attifé comme un amuseur de croisière, dans Life is a bathroom and I am a boat. Un spectacle étonnant, à mi-chemin du tour de chant made in Broadway (de Cheek to Cheek à Fly Me to the Moon en passant par un mashed potatoes avec Michel Debré) et de l’aparté mythomane, qu’Ivan Gouillon, improvisateur d’expérience et présentateur à rouflaquettes bien connu des habitués du Lavoir Public, interprète d’une belle voix de stentor et avec une théâtralité irrésistiblement châtiée – à l’instar d’un Cédric Marchal.

Il se révèle surtout un raconteur hors pair, reconstituant en quelques gestes et descriptions d’une grande précision des ambiances révolues mais qui ne cessent de fasciner, de la touffeur de Saïgon à la volupté du paquebot France. Intrinsèquement drolatique (et in fine assez pathétique, dans le bon sens du terme), son numéro de chanteur de salle de bain se rêvant crooner nautique y gagne une amplitude rare dans le domaine du café-théâtre. Mais en est-ce encore ?

Benjamin Mialot pour le Petit Bulletin

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